Pourquoi avons-nous besoin de moments où l'on ne fait rien ?
Dans une société où tout va toujours plus vite, nous avons parfois du mal à ralentir et à ne rien faire sans culpabiliser. Et si nous réapprenions à prendre le temps, à profiter de l'instant présent et à simplement être ?


Pourquoi avons-nous besoin de moments où l'on ne fait rien ?
Nous avons souvent l'impression de manquer de temps. Les journées passent à toute vitesse, les choses à faire s'accumulent et, même lorsque nous avons enfin un peu de temps devant nous, nous trouvons facilement de quoi le remplir. Et si nous prenions quelques instants pour nous demander pourquoi il est devenu si difficile de ne rien faire ? Pourquoi avons-nous parfois l'impression de perdre notre temps lorsque nous nous arrêtons ? Et si, à force de toujours faire, nous avions un peu oublié de simplement être ?
Une société qui nous pousse à toujours faire plus
Nous vivons dans une société où tout va vite. Il faut être efficace, productif, organisé, réactif… Et si possible, réussir à tout faire dans une même journée ! (Toujours plus après tout..!)
Nous cherchons constamment à optimiser notre temps. Faire les courses en écoutant un podcast, répondre à des messages pendant une pause, téléphoner en préparant le repas, consulter ses mails entre deux rendez-vous… Nous faisons souvent deux, voire trois choses à la fois, comme si chaque minute devait être mise à profit.
Même nos moments de repos finissent parfois par être occupés. On écoute quelque chose, on regarde son téléphone, on prévoit la prochaine activité. Comme si rester sans rien faire était devenu une habitude que nous avions perdue, nous ne savons plus comment faire. Petit à petit, cette façon de vivre devient tellement naturelle que nous ne nous rendons même plus compte que nous sommes constamment dans l'action.
Cette culpabilité de ne rien faire, quand tu nous tiens...
Et lorsque nous avons enfin un moment de libre, que se passe-t-il ?
Il arrive que nous ayons du mal à en profiter pleinement. Nous pensons à ce qu'il faudrait ranger, à ce dossier qui attend, aux courses à faire, aux choses que nous n'avons pas encore eu le temps de terminer. Nous nous disons que nous pourrions faire quelque chose de plus utile. Que nous devrions profiter de ce temps pour avancer, prendre de l'avance ou régler ce qui reste en attente. Alors, même lorsque nous nous arrêtons physiquement, notre tête continue souvent de fonctionner. Cette culpabilité de ne rien faire n'arrive pas par hasard. Nous avons tellement l'habitude de mesurer nos journées à tout ce que nous avons accompli que nous finissons parfois par associer notre temps libre à du temps perdu.
Ralentir peut alors donner l'impression de ne pas en faire assez, de prendre du retard ou de ne pas être à la hauteur de ce que l'on attend de nous. Mais une question me tourmente : Depuis quand faut-il être productif à chaque instant pour avoir le sentiment d'avoir bien rempli sa journée ?
À force de faire, on en oublie parfois d'être
C'est peut-être ce qui me questionne le plus dans cette façon de vivre. À force de faire, de penser à la suite, d'organiser, d'anticiper et de répondre aux sollicitations, nous pouvons finir par passer à côté de petits moments qui font pourtant partie de notre quotidien.
Nous sommes là, mais notre esprit est déjà ailleurs. Nous prenons un repas en pensant à ce que nous devons faire après. Nous passons du temps avec nos proches tout en ayant la tête occupée par les choses à gérer. Nous profitons rarement d'un instant sans penser à ce qui vient ensuite.
Et si nous prenions simplement le temps d'être là, pleinement ? Être là sans avoir besoin de faire autre chose. Profiter d'un moment sans chercher à le rendre utile. Regarder autour de soi, écouter, ressentir, savourer un instant sans penser à la prochaine tâche. Nous n'avons pas toujours besoin de faire quelque chose pour que notre temps ait de la valeur.
Réapprendre à ne rien faire, sans culpabiliser
Ne rien faire ne signifie pas forcément rester allongée pendant des heures sans bouger. Cela peut simplement être s'accorder quelques minutes sans objectif particulier. Prendre son café en pleine conscience, sans regarder son téléphone. S'installer confortablement et regarder par la fenêtre. Écouter de la musique sans faire autre chose en même temps. Se promener sans chercher à atteindre un objectif ou à faire un certain nombre de pas.
Cela peut sembler tout simple, et pourtant, ce n'est pas toujours si facile. L'idée n'est pas de rajouter une nouvelle chose à faire dans notre journée, ni de transformer les moments de pause en un exercice à réussir. Il s'agit plutôt de se laisser un peu d'espace, sans attente et sans obligation.
Et surtout, de s'autoriser à ralentir sans culpabiliser. Tout n'a pas besoin d'être terminé pour que nous puissions prendre du temps pour nous.
Mais pourquoi avons-nous réellement besoin de ne rien faire finalement ?
Notre cerveau n'est pas conçu pour être constamment concentré et sollicité. Lorsque nous enchaînons les tâches, les décisions et les informations, nous mobilisons en permanence notre attention et nos capacités mentales. À force, cela peut entraîner une fatigue cognitive : difficultés à se concentrer, impression d'avoir la tête pleine, irritabilité ou sensation de ne plus réussir à réfléchir clairement.
Mais ce qui est intéressant, c'est que notre cerveau continue de travailler même lorsque nous ne faisons rien.
Les neuroscientifiques ont notamment identifié un ensemble de régions cérébrales appelé le « réseau du mode par défaut ». Il devient particulièrement actif lorsque nous ne sommes pas concentrés sur une tâche extérieure. C'est notamment dans ces moments que notre esprit peut vagabonder, revenir sur des expériences passées, faire des liens entre différentes idées ou se projeter dans l'avenir. Ces périodes participent à notre réflexion personnelle et peuvent aussi favoriser la créativité.
Le repos éveillé joue également un rôle dans la mémoire. Pendant les moments de calme après un apprentissage, le cerveau peut réactiver certaines informations récemment acquises et contribuer à les consolider. Autrement dit, il a aussi besoin de temps pour assimiler ce que nous venons de vivre ou d'apprendre.
Ne rien faire n'est donc pas une perte de temps. C'est aussi une façon de prendre soin de soi et de respecter ses propres besoins. Alors essayons de nous accorder ces moments sans attendre d'être épuisées, sans culpabiliser et sans avoir besoin de les justifier. Nous avons le droit de faire une pause, tout simplement.
Avec douceur,
Julie
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